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Le film français fait son show à Singapour !

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Alors que le French Film Festival entame sa 33ème édition, du 9 au 19 novembre, la rédaction du Bottin

Singapour a rencontré Charlotte Deflassieux-Viguier, attachée régionale de coopération audiovisuelle pour l’Asie du Sud-Est.

Elle nous explique comment la diplomatie économique et le soutien aux industries culturelles et créatives (ICC) sont des axes prioritaires de la coopération française.

Quels sont les objectifs du French Film Festival ?

Charlotte Deflassieux-Viguier : «  Le French Film Festival est une concentration de films français, sur dix jours dans trois lieux différents, promus et autour desquels on invite les artistes. Par définition, c’est un show qui donne un coup de projecteur ponctuel sur le cinéma français. Comédie, science-fiction, films d’auteurs ou pour enfants… il y en aura pour tous les goûts. Pour autant, la démarche de l’ambassade de France s’inscrit dans une logique pérenne.

Nous souhaitons trouver une niche et l’exploiter afin de déployer une offre de cinéma durable, se démarquant des blockbusters américains. L’enjeu est de démocratiser le film français en le projetant dans des multiplex où le public à l’habitude d’aller. À ce titre, être présent chez Shaw Lido, qui est une salle grand public, est un véritable défi. Notre volonté est qu’à l’issue du festival, les salles continuent à acheter les droits de films français ».

Comment ciblez-vous le public singapourien ?

Charlotte Deflassieux-Viguier : « En variant les salles. L’Alliance française accueille principalement des Français et des Singapouriens ayant une culture française. Shaw Lido attire davantage un public singapourien encore novice du cinéma français. Quant aux cinéphiles, ils se retrouvent au Projector. Distributeur indépendant, cette salle  leur propose une programmation de cinéma d’auteur tout au long de l’année. Cette variété de lieux, tous très différents les uns des autres, est capitale pour la réussite de notre initiative. Dans le cas contraire, on s’adresse toujours au même public ».

Décelez-vous une appétence particulière de la part du public singapourien pour le cinéma français ?

Charlotte Deflassieux-Viguier : « Les signaux sont très favorables. Shaw Renters – propriétaire des multiplex du même nom – a acheté les droits de quatre films français qui, à partir du 23 novembre, vont sortir commercialement. Ce distributeur mise sur le succès du festival pour attirer un public moins aguerri. À côté du French Film Festival, des initiatives individuelles émergent également. Les festivals de films singapouriens sont de plus en plus nombreux à diffuser des films français, comme La Haine ou 120 battements par minute. Anticipate Pictures est une toute nouvelle société de distribution indépendante dont l’ambition est de promouvoir des films européens. Enfin, les community centers, présents dans les HDB, vont projeter, pour la première fois ce mois-ci, un dessin animé français aux enfants singapouriens. Par conséquent, l’intérêt pour le cinéma français est réel. À nous de le pérenniser et de le professionnaliser ».

Comment comptez-vous le professionnaliser ?

Charlotte Deflassieux-Viguier : « C’est tout l’enjeu de la diplomatie économique insufflée par Laurent Fabius en 2010. Notre mission est de valoriser l’industrie culturelle française en soutenant les professionnels locaux du secteur, distributeurs et exploitants. Aujourd’hui, nous les aidons à financer et à promouvoir leurs projets. Des relais existent, comme Unifrance Films qui accompagne les sorties de films à l’étranger, ou la labellisation des salles Europa Cinemas qui mobilise des fonds européens ».

Boo Junfeng est le parrain du festival cette année. Pourquoi ce choix ?

Charlotte Deflassieux-Viguier : « Boo Junfeng a ébloui le jury de la sélection Un certain regard lors du dernier Festival de Cannes pour son film Apprentice. La réalisation de ce film a été rendue possible grâce à l’Aide aux Cinémas du Monde, un fond de soutien financé par la France. Depuis toujours, la coopération française aide les artistes à exprimer leur talent. L’objectif n’est pas uniquement de promouvoir la France, mais d’œuvrer en faveur de la diversité culturelle et d’apporter une ouverture d’esprit. Ce que la France faisait sur son territoire, les services de coopération et d’action culturelle le font maintenant sur le terrain, en rencontrant les artistes pour les accompagner dans leur création ».

Comment a été décidée la programmation du French Film Festival ?

Charlotte Deflassieux-Viguier: « C’est un vaste mélange au service d’un objectif : celui de montrer que le cinéma français est incroyablement varié. Nous voulons que chaque spectateur sache qu’il existe un film qui correspond à son goût. Trois d’entre eux (Ce qui nous lie, Madame et Seuls) ont été achetés par Shaw. Pour les autres, il s’agit de films dont les droits ont été acquis pour l’occasion par l’ambassade de France à Singapour ou de films prêtés par l’Institut français de Paris qui constitue depuis plusieurs années un catalogue mis à disposition de notre réseau culturel à l’étranger. Mais vous l’aurez compris, à terme, l’objectif pour l’ambassade est de ne plus acheter de films, mais de soutenir financièrement les distributeurs singapouriens pour que ces œuvres restent dans leurs catalogues ».

Pour toute information sur la programmation : www.frenchfilmfestival.sg

 

Laetitia PERSON

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