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Censure singapourienne sur Netflix, la liste des films et séries interdits révélée

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En forte croissance, la plateforme de vidéo à la demande Netflix continue d’accueillir de plus en plus d’abonnés dans le monde. En 2019, c’était déjà plus de 150 millions de personnes dans le monde qui utilisaient le service. En touchant de plus en plus de pays, et de plus en plus de cultures différentes, la plateforme s’est retrouvée à diffuser du contenu froissant certaines susceptibilités locales.

Depuis 2015, la plateforme reçoit de nombreuses demandes gouvernementales concernant son catalogue de film. Celle-ci doit alors s’adapter et répondre à la demande de chaque pays en enlevant les films jugés sensibles.

Netflix a depuis mis en place un système de gouvernance pour régir l’impact du contenu qu’il diffuse, et suit les recommandations de la SASB « Sustainability Accounting Standards Board » qui propose plus de transparence.

Dans son tout premier rapport de gouvernance, Netflix a révélé début février la liste des programmes retirés à la demande des gouvernements. L’on ne parle pas de retraits d’extraits, de mots ou d’expressions, mais bien de retrait complet de programmes.

Singapour, la censure en chiffres

Singapour nous a habitué à être en tête des classements : leader politique le mieux payé au monde, deuxième au classement PISA, pays préférés des expatriés, premier mondial sur la sécurité alimentaire etc… Et dans le rapport que Netflix s’est engagé à diffuser tous les ans, Singapour sort encore du lot, avec le plus grand nombre de programme interdits.

Netflix révèle que dans le monde entier, 9 films et séries ont été censurés, et à vrai dire on s’attendait à plus. Mais Singapour, à lui seul, représente plus de 50% des demandes, avec un total de 5 films et séries censurés entre 2018 et 2020.

Les films et les séries censurés

Parmi les films qui n’ont pas passé les tests de conformités de l’IMDA, le CSA singapourien, nous pouvons retrouver :

  • La télé-réalité américaine Cooking on High mettant en scène des candidats cuisinant sous l’effet de stupéfiants
  • The Legend of 420, un documentaire de Peter Spirer vantant les mérites de la marijuana dans de nombreux domaines
  • Disjointed, une série de David Javerbaum et Chuck Lorre qui met en avant une héroïne tenant un dispensaire de drogue à Los Angeles
  • The Last Temptation of Christ, film oscarisé de Martin Scorsese
  • The Last Hangover, une parodie de The Hangover mettant en scène les apôtres cherchant Jésus après une soirée arrosée.

Les raisons de la censure

Ces programmes n’ont pas été choisis au hasard. Sur les cinq films trois abordent le thème des drogues, un parle d’alcool et un de religion.

Drogue, alcool, c’est un signal clair que Singapour veut protéger sa population de leurs effets néfastes. Et c’est en totale adéquation avec sa politique et ses lois. Des lois qui pratiquent une interdiction totale des drogues, même celles considérées comme « douce » dans d’autres pays. Des lois qui taxent fortement le tabac et interdisent mes cigarettes électroniques qui inciteraient les jeunes, d’après le gouvernement local, à faire le premier pas vers la vraie cigarette.

Mais pourquoi une interdiction d’un film parlant de la religion catholique, une religion très pratiquée à Singapour? Il faut savoir que le film de Scorsese sorti en 1988 a créé une énorme politique à l’époque de sa sortie. Il a été jugé blasphématoire par de nombreux pratiquants et condamné par l’église.

Or, l’exemple du retrait de la caricature du prophète Mahomet publié par Charlie Hebo en 2015 illustre bien la position de gouvernement à ce sujet :

« This shows our industry’s understanding of the sensitivities involved, as well as their respect for racial and religious harmony in Singapore, », the Media Development Authority (MDA).

« Le respect de l’harmonie raciale et religieuse » : une mission importante pour le gouvernement singapourien, décidé suite aux émeutes raciales de Singapour en 1969, qui avaient fait 4 morts à Singapour et 80 blessés. Depuis Singapour souhaite limiter les tensions religieuses en évitant tout message susceptible de froisser certaines religions.

Censure, d’autres pays impactés

Si Singapour détient le record de films censurés, d’autres pays ont aussi eu recours à cette méthode par le passé. On peut notamment citer Full Metal Jacket interdit au Vietnam, La Nuit des morts-vivants interdit en Allemagne ou encore un épisode de la série Patriot Act with Hasan Minhaj en Arabie Saoudite.

 

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